jeudi 7 avril 2011

"Métallurgie : sonnette d'alarme de la CFDT"


Les représentants de la CFDT métallurgie dela Manche. On déshabille Pierre pour habiller Paul : c'est ce que craint la CFDT, qui observe les pratiques d'embauche sur le bassin d'emploi.
On pourrait se dire : tout va bien. Les grands donneurs d'ordre du Cotentin embauchent. Qu'il s'agisse de DCNS, d'Areva ou d'EDF. Mais cette embellie cache une réalité : il y a peu d'embauches chez les jeunes. Et pour cause : ces grandes entreprises ont besoin de personnel qualifié et polyvalent. Elles se servent donc chez leurs sous-traitants. Du coup, la CFDT de la métallurgie craint une déstabilisation de la sous-traitance dans le bassin d'emploi.

Bernard Pivain, secrétaire général de la CFDT métallurgie de la Manche, donne un exemple : « Une entreprise sous-traitante du secteur, qui comptait 200 salariés en 2007, n'en a plus que 31 aujourd'hui. » Elle se reconnaîtra. Le syndicat profite de la semaine de l'industrie pour alerter sur la situation particulière du Cotentin. « DCNS a pratiqué pendant des années une gestion à la baisse de ses effectifs. Cela a entraîné la baisse de ses compétences et elle n'a pas su anticiper le redémarrage de son marché et son positionnement sur de nouveaux produits. Aujourd'hui, ces compétences, elle va les chercher chez les sous-traitants du bassin d'emploi. »
Entreprises déstabilisées
Tant mieux pour ceux qui sont recrutés. Mais ces opérations déstabilisent les entreprises de la sous-traitance pour deux raisons majeures selon le syndicat : « les plus qualifiés et les plus compétents s'en vont, entraînant une perte globale de la compétence de l'entreprise. Et pour ceux qui restent, le niveau d'exigence sur les salaires s'accroît. » On voit bien la perversité du système.
La CFDT estime aussi que les entreprises sous-traitantes vont perdre des activités. Dans la navale par exemple. « Trois emplois de la sous-traitance ne donneront qu'un emploi chez le donneur d'ordre. »
Mais le syndicat ne veut pas se tromper de cible. Pour lui, le responsable de la situation, c'est le patronat de la métallurgie, l'UIMM, qui « n'a pas su prendre en compte les spécificités du bassin de Cherbourg pour alimenter un dialogue social de qualité. »

Ouest France - 07/04/2011